- GUIDON SNLB
Le projet d'un nouveau guidon est à l'étude.

- 33ème COUPE DE L'AMERICA
10/02/2010 à 12h30
Nouveau faux départ
Trop faible lundi, le vent était cette fois-ci trop soutenu ce mercredi, oscillant entre 25 et 30 noeuds, pour permettre la tenue de la première régate entre le catamaran d'Alinghi et le trimaran d'Oracle. Rendez-vous donc vendredi à 10 heures pour le coupe d'envoi de cette 33e Coupe de l'America.
Ça commence à faire long... Alors que l'excitation et l'impatience sont immenses de voir, enfin, le catamaran d'Alinghi et le trimaran d'Oracle s'affronter pour mettre fin à plus de deux ans de bataille juridique, les conditions météorologiques extrêmement changeantes au large du port de Valence en cette période de l'année jouent avec les nerfs des deux équipes mais aussi des spectateurs. Après une première tentative vaine lundi, pour cause de vent instable, le coup d'envoi des hostilités, reprogrammé ce mercredi à la même heure, a de nouveau été reporté. Résultat, ce n'est pas avant vendredi, 10 heures, que la 33e Coupe de l'America sera lancée, si les conditions de navigation le permettent...
Optimistes mardi après-midi, les météorologues ont vite déchanté dans la soirée: 20 à 25 noeuds de vent étaient attendus ce mercredi dans la matinée avec des creux de près de deux mètres, poussant les organisateurs à décaler de deux heures, dès mardi soir, le départ initialement prévu à 10h06. Ce mercredi matin, les protagonistes se sont fait une raison. Le pavillon AP (signifiant que le départ est retardé), hissé mardi soir au-dessus du bâtiment de la Direction de course dans le Port America's Cup, était toujours en place à 10 heures, avec pour conséquence aucun départ avant 13 heures, soit un délai de trois heures comme le veut le règlement en cas de report pris à terre et non en mer. Contraints de patienter sur l'eau lundi en faisant des ronds, Américains et Suisses attendaient cette fois-ci patiemment au port...
Le verdict tombait finalement peu après 12 heures. Parti sur zone vers 10 heures pour analyser les conditions de vent et de vagues sur le plan d'eau, le comité de course a finalement décidé d'annuler cette première régate devant ces conditions de navigation trop musclées (25-30 noeuds de vent et une mer formée) qui auraient condamné les multicoques américain et suisse, typés pour une fourchette de vent de 5 à 15 noeuds et jamais éprouvés dans de telles conditions, à partir au casse-pipe. Si l'impatience gagne les rangs, la raison continue de l'emporter, personne ne souhaitant voir ce duel se jouer sur la casse de l'un ou l'autre des deux concurrents...
12/02/2010 à 11h00
Enfin la bonne ?
Après deux reports, lundi et mercredi, la première régate de la 33e Coupe de l'America entre Alinghi et Oracle, un aller-retour sur 40 milles, pourrait se tenir ce vendredi. Un vent de 6 noeuds de nord souffle actuellement sur Valence, lequel doit rapidement passer ouest-sud ouest. Les deux équipes, impatientes d'en découdre, ont quitté le port de Valence aux alentours de 9 heures, un éventuel départ pouvant être donné vers midi
15/02/2010 à 11h00
Alinghi, la fin d'un cycle
KO ! Corrigé sur l'eau par BMW Oracle et son trimaran surpuissant, Alinghi a abandonné dimanche l'Aiguière d'argent qu'il détenait depuis sa victoire en Nouvelle-Zélande en 2003. Une grosse déception pour le défi suisse qui n'avait pas senti venir le coup et peut-être la fin de l'aventure sur la Coupe pour Ernesto Bertarelli, qui restera le premier Européen à avoir gagné la Coupe
Les images du tandem Larry Ellison-Russell Coutts triomphant sur le podium au moment de brandir l'Aiguière d'argent ont dû paraître bien difficiles à regarder pour Ernesto Bertarelli. Lui qui avait réussi l'exploit d'être le premier Européen à remporter la Coupe de l'America en 2003 avant de la défendre victorieusement quatre ans plus tard a cette fois essuyé une cinglante défaite, le catamaran suisse n'ayant pas pesé lourd face au pari architectural aussi osé que payant tenté par les Américains de BMW Oracle avec leur trimaran "plus proche d'un avion que d'un bateau", selon les mots de Brad Butterworth, skipper d'Alinghi, équipé d'un mât-aile et d'une voile rigide qui préfigurent sans doute ce que sera la voile de demain.
Quinze ans après avoir quitté les Etats-Unis, l'Aiguière d'argent, qui y a séjourné sans discontinuer de 1851 à 1983, retourne donc de l'autre côté de l'Atlantique, Alinghi n'étant pas parvenu dimanche lors de la deuxième manche de la 33e Coupe à combler le net handicap de vitesse constaté sur la première, vendredi. Les Suisses n'ont pas vu venir le coup, comme le reconnaîtra d'ailleurs Ernesto Bertarelli, une fois les larmes de la défaite essuyées: "Bravo Larry (Ellison), bravo Russell (Coutts), well done ! Je tiens à féliciter le team BOR pour ce qu'il nous a montré sur l'eau, comme sur l'impressionnant travail réalisé, en design et en développement. Leur bateau était plus rapide. Ils l'ont mis plus tôt que nous à l'eau et ont donc beaucoup appris avant nous. Nous avons été surpris par l'aile et nous avons sûrement minimisé son impact. Aujourd'hui, au reaching, c'était encore plus frappant, nous avons changé de génois mais à chaque fois, l'aile était plus rapide, plus réactive et plus efficace."
Bertarelli: "Je n'ai pas de regret"
Si au passage, le patron du défi suisse ne manquera pas d'adresser une ultime pique à son rival - "J'ai entendu dire qu'ils avaient modifié le bateau quatre fois ce qui est, pour moi, trois fois plus que ma vision du Deed Of Gift" (le règlement de la Coupe) - l'heure ne semblait plus dimanche aux règlements de compte entre les deux parties, en témoignent les poignées de main, encore inimaginables il y a peu, entre Ernesto Bertarelli d'une part, Larry Ellison et Russell Coutts d'autre part. Des procédures judiciaires restent certes en cours, mais on voit mal Suisses et Américains repartir au combat devant la Cour suprême de l'Etat de New York et dimanche soir, on semblait dans les deux camps vouloir ranger pour de bon les intentions belliqueuses d'antan, les Suisses faisant même preuve d'un certain fatalisme devant l'issue d'un combat qui aura pompé beaucoup d'énergie, et accessoirement, de dollars. L'histoire est-elle pour autant finie ?
"Je vais maintenant attendre de savoir comme va se dessiner la prochaine l'America's Cup et ce que Larry et Russell vont proposer, avant de me décider", a confié Ernesto Bertarelli lors de la conférence de presse ayant suivi la remise des prix, avant de dresser un bilan en forme d'épitaphe de l'aventure Alinghi: "Je suis très fier de mon équipe et de ce que nous avons accompli ces dix dernières années. Ce sont des moments d'amitié, des moments forts. Il y a sûrement des choses que nous aurions pu faire différemment mais sur la globalité, je n'ai pas de regret. Nous sortons la tête haute et fiers de ce que nous avons réalisé jusqu'à maintenant."
A ses côtés, son fidèle second Brad Butterworth ne dira pas autre chose, préférant ne retenir que le positif de ces trois campagnes: "Ce soir, il y a un peu de déception parce que nous avons perdu. Mais nous naviguons ensemble depuis 2001 et nous sommes en 2010. Nous avons connu de superbes résultats. J'ai pris beaucoup de plaisir dans cette équipe. Les gens sont formidables. Cela comptera toujours parmi mes meilleurs souvenirs." Des déclarations qui sonnent un peu comme la fin d'un cycle pour une équipe qui, quoi qu'il arrive, restera comme la première Européenne à avoir conquis le Graal
- TROPHEE JULES VERNE
15/02/2010 à 15h25
Groupama 3 asure l'essentiel
Parti le 31 janvier sur le Trophée Jules-Verne, Groupama 3 a basculé lundi matin dans l'océan Indien après 14 jours 15 heures 47 minutes 54 secondes. Passés avec de l'avance sur le tableau de marche d'Orange 2 à l'équateur, Franck Cammas et ses hommes accusaient 7h30 de retard à Bonne-Espérance, la faute à un Atlantique Sud difficile à négocier. Mais le record est toujours à portée d'étraves...
Paul Le Guen et Yves Colleu disputeront la CAN et le Mondial avec le Cameroun. (Reuters)
En franchissant lundi matin à 6h43'47" (heure française) la longitude du Cap de Bonne-Espérance, l'équipage de Groupama 3 est entré dans la troisième phase de son périple autour du monde, sans doute pas mécontent de laisser derrière lui un Atlantique Sud qui, comme en novembre lors de sa première tentative (avortée au bout de onze jours), ne lui a pas fait de cadeau. Franck Cammas et ses hommes savaient cependant à quoi s'attendre, eux qui avaient décidé de s'élancer d'Ouessant le 31 janvier dernier, presque contraints et forcés. "On finissait notre stand-by le 5 février, on est partis le 31 janvier, parce qu'on ne voyait rien venir dans les dix jours à suivre, c'était effectivement notre dernière chance", nous confirmait le 5 février Franck Cammas, à la veille de franchir l'équateur. Et l'Aixois de prévoir une "suite mauvaise" dans un Atlantique Sud guère décidé à laisser glisser le trimaran vert et orange.
Si le tronçon Ouessant-équateur a été vite avalé (5 jours 19h07'), soit le deuxième chrono absolu sur ce parcours après celui réalisé en novembre (5 jours 15h23'), la suite a été effectivement bien plus compliquée pour Groupama 3 qui aura mis 8 jours 20 heures et 41 minutes pour basculer dans l'océan Indien, soit beaucoup plus que le meilleur temps sur ce tronçon, qu'il détient d'ailleurs (7 jours 2h22'), mais également plus que le chrono d'Orange 2 en 2005 (7 jours 5h19'). Contraint d'effectuer une large boucle le long des côtes sud-américaines pour contourner l'anticyclone de Sainte-Hélène, l'équipage a en outre été ralenti dans des zones de transition difficiles à traverser, jusqu'à enfin accélérer vendredi au moment de mettre définitivement le clignotant à gauche dans les quarantièmes et de se caler devant une dépression lui permettant d'allonger la foulée.
40 noeuds de vent attendus
Depuis, Groupama 3 aligne des journées entre 650 et 800 milles et des moyennes proches des 30 noeuds, ce qui lui a permis de stopper l'hémorragie par rapport à Orange 2, avec seulement 7h30 de retard à Bonne-Espérance, un retard loin d'être irrémédiable et surtout moins important que ne le craignait Franck Cammas au moment de franchir l'équateur. Les «Groupama Boys» sont désormais lancés dans un long sprint austral sur lequel Orange 2, bateau plus long et plus puissant, s'était régalé, même si sa trajectoire en début d'Indien, jusqu'aux Kerguelen, avait été tout sauf rectiligne, à cause de vents instables obligeant alors Bruno Peyron et ses hommes à beaucoup manoeuvrer. A priori, la situation paraît plus simple pour le trimaran à bord duquel on se préparait lundi matin à essuyer un premier fort coup de vent en guise de comité d'accueil dans l'Indien. "On va être au reaching cet après-midi pour une vingtaine d'heures entre 34 et 40 noeuds de vent, ce n'est jamais très agréable, mais la seule chance qu'on a, c'est qu'on n'aura pas trop de vagues, en tout cas pas de vagues de face", a ainsi commenté Steve Ravussin, préposé à la vacation du jour.
Du coup, l'équipage s'est préparé en conséquence, prêt passer d'une configuration grand-voile haute-solent à trois ris-ORC et à faire le dos rond, le temps que ça passe. "On a préparé le bateau, on a fait un check complet pour voir si la structure a été touchée, on a grimpé dans le mât parce qu'on avait un problème de drisse, mais tout va pour le mieux", confirme le Suisse, pas mécontent de retrouver un océan Indien plus clément que celui rencontré deux ans plus tôt lors de la première tentative de Groupama 3 sur le Jules-Verne (qui s'était terminée par un chavirage sous la Nouvelle-Zélande). "Heureusement que la météo change ! Il semblerait que l'Indien soit bien mieux que la dernière fois. La dernière fois, le bateau avait beaucoup souffert, là, si la mer est clémente, ça nous permettrait de faire cet Océan Indien qui est quand même un gros morceau dans ce Trophée Jules-Verne." Bref, le moral est plutôt bon...
- Peyron: "The Race à 10 bateaux"
19/02/2010 à 14h00
The Race 2, c'est pour bientôt ! Créateur de ce tour du monde «no limit» dont l'unique édition, partie le 31 décembre 2000, avait été remportée par l'équipage mené par Grant Dalton sur Club Med, Bruno Peyron a annoncé jeudi que la course serait relancée à partir de 2013-2014 avec une dizaine d'équipes au départ. Dont une menée par l'ancien skipper d'Orange 2, détenteur du Trophée Jules-Verne, qui espère pouvoir rapidement réarmer son maxi-catamaran.
Cela fait plusieurs années que vous souhaitiez relancer The Race, pourquoi l'annoncer aujourd'hui ?
D'abord, parce que j'avais choisi de prendre un peu de temps pour mûrir cette décision et que j'étais bien absorbé par les campagnes de records que vous connaissez. Après, au fur et à mesure, il y a eu de plus en plus d'appels du pied des uns et des autres pour me demander: "C'est pour quand ?" De mon côté, j'attendais que ça puisse se faire d'une manière beaucoup plus naturelle que la première fois, sans forcer, que le consensus soit réel et pas supposé, qu'on ait tous envie d'aller dans la même direction. Il y a aussi eu le fait que douze bateaux ont été construits en dix ans, mais également le constat que c'est de plus en plus difficile aujourd'hui de monter un projet économique avec une rentabilité suffisante pour les partenaires sur la seule base des records. Enfin, il y a eu la Coupe de l'America qui, à part la farce juridique, a eu au moins un effet positif, celui, pour ceux qui n'avaient pas encore compris que le multicoque ne devait pas rester français, de voir quelqu'un comme James Spithill (le barreur d'Oracle, ndlr) et une équipe qui n'avait jamais mis les pieds sur un multicoque rattraper en même pas deux ans le retard que certains voulaient bien leur donner.
Concrètement, qui va organiser The Race ?
La société qui a organisé The Race 1 existe toujours, j'en ai confié la direction générale à Thierry Reboul pour me permettre de retrouver ma liberté afin d'être sur la ligne de départ, je ne veux pas rester à terre comme la dernière fois. Je vais donc les accompagner au début, car j'ai la connaissance de ce qu'on a fait et un lien privilégié avec les équipes, après, au fur et à mesure, j'inverserai les curseurs.
D'un point de vue budgétaire, cherchez-vous un partenaire-titre ?
A priori non, mais plusieurs partenaires majeurs associés, c'est plus accessible et profitable pour tout le monde. La logique du montage sera à peu près la même que la dernière fois, et d'un point de vue budget, on a la quasi-certitude de pouvoir faire mieux avec un peu moins.
Quid de la ville de départ ?
On va faire le même process que la première édition, un appel d'offres à des sites intéressés en Europe du Sud, parce qu'on veut que ce soit une fête populaire, ce qui n'est pas possible en Europe du Nord pour des raisons évidentes de climat en hiver. En dehors des villes sélectionnées la dernière fois comme Barcelone pour le départ, Marseille pour l'arrivée et Monaco pour le prologue, il y a Lisbonne qui était intéressée la dernière fois mais était alors en pleine exposition universelle, et il y a Valence qui est intéressant parce qu'ils ont perdu la Coupe. Mais on va prendre notre temps, et ça peut dépendre de la vocation d'un site à engager un team, je pense que d'ici la fin de l'année, c'est le bon timing.
"Le Top 10, ce sera pour The Race 3"
Souhaitez-vous relancer The Race pour une édition ou de façon pérenne ?
L'objectif, c'est de réussir la deuxième et que l'événement prenne la place pérenne qu'on a toujours souhaitée, de manière quadriennale. Même s'il est possible que The Race 3 soit calée plus tôt que quatre ans après, car le créneau 2016 est complètement libre, sans concurrence avec le Vendée Globe ou la Volvo.
Sur quel plateau comptez-vous pour The Race 2 ?
La dernière fois, on est parti de zéro, là, on part d'un plateau déjà existant. Il y a d'abord Banque Pop, Groupama, nous (l'ancien Orange 2), les trois en théorie les plus rapides. Après les nouveaux 100 pieds, spectaculaires, extrêmement simples et qui coûtent moins cher en fonctionnement et en investissement, IDEC, Sodeb'O, maintenant Oman (sistership de Sodeb'O, qui sera barré par Sidney Gavignet sur la prochaine Route du Rhum, ndlr) et un quatrième qui n'est pas loin de démarrer. Il y a aussi les trois 110 pieds de la première édition, dont Gitana 13, avec lequel il suffit de tourner la clé pour qu'il démarre tout de suite, ceux-là ont à peu près le même potentiel que les nouveaux 100 pieds, ce qui permettrait une meilleure intensité. Enfin deux autres plateformes, celui de Kersau (Geronimo) et l'ancien Playstation. Donc je pense que six ou sept de ces onze ont de bonnes chances d'y être. Maintenant, combien de bateaux peuvent se construire d'ici là ? Deux, trois ou quatre.
Un beau plateau certes, mais aussi des disparités de niveau, car un Sodeb'O n'ira jamais aussi vite qu'un Banque Populaire V ?
Absolument, on en parle en ce moment avec les équipes, il faut être extrêmement lucide par rapport à ça, donc trouver les bonnes idées pour protéger cette classe de 100 pieds qui est probablement celle où il y aura le combat le plus rapproché. Il faut donc être suffisamment intelligent pour que les partenaires des uns et des autres trouvent leur place.
Avez-vous pris des contacts avec des teams étrangers, par exemple avec un Ernesto Bertarelli qui se passionne pour le multicoque ?
On s'était rencontrés avant The Race, ça l'intéressait beaucoup, mais trop tard. Il est toujours passionné de multicoque, il y viendra un jour, mais là, il va être occupé à autre chose... Sinon, il y a les Néo-Zélandais avec Grant Dalton toujours aussi motivé, les Scandinaves, les Etats-Unis, l'Espagne. Le process ne va pas se faire en cinq minutes, mon idée initiale de réunir les dix équipes les plus rapides du monde, je pense que ça peut se faire en deux temps. The Race 2, si on fait aussi bien que la Volvo qui a trente ans d'existence, c'est bien, et le Top 10, ce sera pour The Race 3.
"Ce bateau, en phase 3, peut faire le tour du monde en 43-44 jours"
A titre personnel, où en êtes-vous dans votre projet de relancer un team autour de votre catamaran et souhaitez-vous toujours disputer la Route du Rhum à bord ?
J'en suis au point de départ, je n'ai pas voulu proposer quoi que ce soit avant de savoir où on allait. Le Rhum, c'est encore possible, maintenant, c'est un bateau qui n'est absolument pas fait pour ça, il ne faut pas prendre des risques inconsidérés. La faisabilité technique, je la connais, la faisabilité physique, je n'en suis pas sûr, la faisabilité économique, ça suppose de relancer le programme de ce bateau rapidement, mais je ne souhaite pas qu'il aille sur la Route du Rhum juste pour faire la Route du Rhum. En revanche, si la Route du Rhum est le point de départ d'un programme cohérent avec un partenaire qui veut s'engager jusqu'à The Race, OK.
Quand vous voyez Groupama 3 se battre en ce moment contre les temps d'Orange 2 sur le Jules-Verne, cela vous conforte certainement dans l'idée que votre bateau est encore compétitif ?
Il est plus que compétitif ! Car tous les projets de développement à faire, on les connaît. Et sur le Jules-Verne, on en avait toujours sur le pied, on n'a jamais attaqué sauf trois jours pour rattraper le front dans l'Atlantique Sud, mais on pouvait faire 46-47 jours sur un bateau en phase 1 de développement. Un an plus tard sur l'Atlantique, on avait gagné presque 10% sur les polaires de vitesse simplement en développement de voiles, et en phase 3, si on le relance, il y a encore 10% à gagner. Je pense que ce bateau, en phase 3, peut faire le tour du monde en 43-44 jours. Si Banque Pop fait 39, ça voudra dire qu'on aura été le bateau le plus rapide du monde pendant dix ans, point. Mais s'ils font entre 43 et 48, on ne sait pas qui gagnera si on s'aligne tous les deux sur une ligne de départ.
Des développements, ce serait quoi ?
Nous, on avait fait des choix extrêmement conservateurs avec des coefficients de sécurité très très hauts, parce que le programme n'était pas simple au niveau des relations avec les partenaires, on voulait donc mettre toutes les garanties de notre côté. Donc, le mât était un mât de cheminée absolument pas fait pour les grandes vitesses, qui pèse une demi-tonne de trop, au niveau des voiles, pareil, elles sont performantes, mais elles pèsent une tonne. Et les appendices, pareil.
Pensez-vous Groupama 3 capable de vous déposséder du Jules-Verne ?
Il peut largement nous battre, encore faut-il que ça tienne... En ce moment, ils font un peu le yoyo avec des systèmes pas faciles à traverser, ils forcent beaucoup, on voit des pointes assez impressionnantes, que nous on faisait mais jamais sur le tour du monde, parce qu'ils (son partenaire, ndlr) ne voulaient pas qu'on le fasse. Mais ils n'ont pas besoin de forcer, parce que dans le retour sur l'Atlantique Nord, on avait perdu trois jours, ce qui est assez rare. Donc s'ils arrivent au Cap Horn en même temps que nous, voire même derrière, ils ont quasiment trois jours d'avance. Mais je souhaite qu'ils nous battent, pas de trop, ce serait bien pour tout le monde.
Et vous pousserait à repartir ?
Oui, tout est possible, dès qu'on trouve un partenaire, on va construire avec lui un programme sportif et de promotion cohérent, on ne va certainement pas aller faire des ronds dans l'eau en baie de Quiberon. Il n'est pas impossible non plus qu'on utilise le bateau comme ambassadeur de l'événement avec ses partenaires.